Guillaume Pétraud


Récit personnel du petit Benamou alias Guillaume Pétraud

Petit préambule important : à l'époque, "Scouts Toujours" avait été pour moi une expérience difficile. A 12 ans, j'étais l'un des plus jeunes (avec Franck Beaujour, qui avait été recruté dans la même école de théâtre que moi et que je connaissais) et les jeunes de cet âge savent être cruels les uns envers les autres. Je n'avais pas été jusqu'alors un garçon très épanoui, et vivre ainsi avec des "grands" a été très éprouvant pour moi. Surtout que la plupart d'entre eux se réjouissaient de l'aubaine d'être ainsi éloigné de leurs parents pendant de si longues semaines, miroir parfait de nos personnages dans le film.


Je commence par une première anecdote (le reste viendra en fonction du temps que j'ai). Dans la maison où nous étions logés, il y avait un salon dans lequel nous partagions des moments en commun. Sur l'un des murs de cette pièce, il y avait une grande feuille sur laquelle nous étions invités à écrire ce qui nous passait par la tête. Une idée que je trouve très bonne avec le recul, même si je me souviens d'une certaine compétition (ce mot était naturellement assez omniprésent avec la bande de jeunes garçons que nous étions) pour voir qui aurait le mot d'esprit le plus intéressant, la blague la plus drôle, la remarque la plus profonde. Je me souviens encore d'avoir été très impressionné à l'époque par la première remarque apparue sur la deuxième page : "Je suis le premier à mettre une <bêtise> sur cette feuille de <bêtises> numéro 2" !
Si ces feuilles existent encore dans les archives d'Arturo Production, je donnerais beaucoup pour mettre à nouveau la main dessus !


Ah tiens, si, tant que je m'en souviens, j'ai une histoire très drôle à raconter : c'était au début du tournage, quand nous étions à Paris. Complètement incapable de savoir si je devais tutoyer ou vouvoyer Gérard Jugnot (avec le recul, une question absolument ridicule !), je lui ai carrément demandé : " Comment je dois vous appeler ? ". Sa réponse (avec le sourire) : "Tout ce que tu veux, mais surtout pas vieux con". Un beau sens de la répartie... et une leçon utile pour moi !